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    Limited Edition of the label Reverb Worship (30 copies), 8cm mini CD.

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about

Dans l’Irlande pré-chrétienne, Tenm Laida était le nom d’une pratique magique pouvant se traduire par "illumination du chant".

In pre-Christian Ireland, Tenm Laida was the name of a magical practice that could be translated as "illumination of song".

credits

released February 26, 2019

Composition & guitare : Tertön.
Arrangements, textes, voix, synthétiseur, flûte & mixage : Merle Bardenoir.

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about

Merle Bardenoir France

Merle Bardenoir is a French musician who started as a singer in the post-punk band Droserae before developing a solo project more focused on synthetizers. His songs are inspired by folklore, symbolism and aesthetics.

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Track Name: Moi, changelin
Il se pourrait que je sois un changelin car aucun de mes ancêtres n’a jamais eu cet œil brun crevant de vert au soleil. Je n’ai nulle part trouvé d’intelligence ou d’idiotie comparable à la mienne et, après tant d’années, je peine encore à me retourner lorsqu’on m’appelle. Mes grains de beauté changent de place, surtout la nuit, lorsque l’océan se déchaîne. Il m’arrive aussi de danser à propos de sculpture ou de me tenir en déséquilibre au sommet de grimoires empilés. Mon analphabétisme n’est pas un problème.

Inutile de miauler, je comprends le silence des chats.

Il est possible que je sois un changelin car je suis capable de compter sur mes doigts jusqu’à l’infini. Bien des choses m’échappent, comme ce verre de cristal si soudain. Mais il ne tombe pas, il s’élève brusquement vers le sol. Mes pieds sont en sang, il ne s’est pas brisé. Un jour, on m’a ordonné de faire comme tout le monde. En observant mes semblables, je me suis donc mis à tapisser mes poches de papier, mais je suis resté nu. J’ignore l’art du mimétisme.

Pour me parler de philosophie, il faut aboyer très fort.

C’est certain, je suis un changelin car je m’étonne toujours de voir les coquilles d’œuf jetées au feu. De plus, j’ai peur du fer et de tous les métaux qui m’évoquent la guerre. Instinctivement, les hommes m’évitent. Seules les bêtes supportent ma présence car je porte leur odeur. N’ayant pas réussi à rassembler les rameaux d’or pour faire mon nid, je me suis enfui. Oui, fini les rites secrets au sommet des collines. Je suis passé en sens inverse à travers les pierres creuses. Mais maintenant, suis-je chez moi ?

Tu peux siffler, je connais la langue des oiseaux.
Track Name: La Vouivre du Vieux Pays
Dans le vieux pays, tout le monde pensait que lorsque l’on trouvait après la pluie tombée de longues flaques serpentines barrant les champs de blé, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.

Dans le vieux conté, tout le monde croyait que lorsque les nuages en lambeaux déchiquetés ressemblaient aux haillons des claques-pain débraillés, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.

Dans le vieux hameau, tout le monde savait que lorsque la marée assaillait les rochers en flots tourbillonnants noyant les bateliers, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.

Dans le vieux ravin, tout le monde savait que lorsqu’un cri lointain dans les monts résonnait et que pris de panique les rapaces s’envolaient, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.

Dans la vieille contrée, tout le monde croyait que lorsqu’au bord de l’eau une émeraude scintillait près d’une robe de femme de couleuvres brodée, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.

Dans la vieille forêt, tout le monde pensait que lorsqu’on distinguait des ombres dans les bosquets filer sans un craquement plus rapide que le vent, c’était preuve que la vouivre venait juste de passer.
Track Name: Pauvre Robin
Qui a tué Robin ?
Moi, dit la grièche,
En tirant ma flèche
J’ai tué Robin.
Qui l’a vu mourir ?
Moi, dit le héron,
De mes grands yeux ronds
Je l’ai vu mourir.
Qui a pris son sang ?
Moi, dit le bruant,
Dans un récipient
J’ai pris de son sang.

Pauvre Robin

Qui tissera son suaire ?
Moi, dit le tarier,
Laissez-moi filer,
Je tisserai son suaire.
Qui creusera sa tombe ?
Moi, dit la sarcelle,
En m’aidant d’une pelle
Je creuserai sa tombe.
Qui, sera le prêtre ?
Moi dit le vautour,
S’il fait encore jour
Je serai le prêtre.

Pauvre Robin

Qui tiendra l’office ?
Moi, dit l’alouette,
Si le temps s’y prête
Je tiendrai l’office.
Qui sera pleureuse ?
Moi, dit la colombe,
Comme mes larmes tombent
Je serai pleureuse.
Qui chantera le psaume ?
Moi, dit le pinçon,
Depuis les buissons
Je chanterai le psaume.

Pauvre Robin

Qui portera la boîte ?
Moi, dirent le canard,
L’oie et le busard,
Nous porterons la boîte.
Qui fera l’éloge ?
Moi, dit la corneille,
S’il y a du soleil
Je ferai l’éloge.
Qui sonnera le glas ?
Moi, dit l’épervier,
Du haut du clocher
Je sonnerai le glas.

Pauvre Robin

Pour le rouge gorge robin
Les oiseaux en grand chagrin
Seront tous là demain.
Track Name: Mon seul désir
La hampe élancée,
Rugueuse
Au toucher
Ressemble à la corne
Soyeuse
Qui front orne.

Les fruits sont sucrés
Pareils
Aux dragées
Offertes à l’oiseau,
Soleil
Au fourneau.

Les fleurs sont tressées,
Couronnes
Parfumées
Dont l’odeur persiste,
Personne
N’y résiste.

L’orgue est de sortie,
La buse
Pousse un cri,
Se joint au concert
Qui fuse
Dans les airs.

Reflets chatoyants,
Miroir
Déformant
Où s’échangent deux
Regards
Amoureux.
Track Name: Eclat élémentaire
J’ai longtemps cherché
Cette mélodie mystérieuse,
Entêtante mais insaisissable
Que je percevais au fond de moi
Durant l’enfance.

La nuit, au crépuscule ou à l’aurore,
Loin, à l’ombre des montagnes
Ou dans le lit blanc du fleuve,
Sur l’immense tapis des plaines
Ou sous les sombres pins,
En ces lieux où seuls la rêverie et l’errance
Peuvent mener
Elle est là !

C’est le souffle qui m’inspire,
La sève qui me nourrit,
Le battement sourd de mon cœur-tambour.
Un sentiment ancien et nouveau à la fois
Qui naît, croît et meurt au grès des saisons.

Combien de vies antérieures depuis notre dernière naissance ?

Qu’il est dur de poser des mots
Sur cette musique sans paroles
Et de faire jaillir
L’éclat élémentaire
Qu’un poème traduit
Et trahit
Comme le parfum profond
Et pourtant si simple
De la rose.

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